Chronique: Croire aux fauves est une magnifique réflexion sur la frontière entre le monde animal et le monde des humains. C'est une pensée qui se laisse apprivoiser, que l'on touche du doigt au fur et à mesure que l'autrice plonge dans son être intérieur. La frontière entre le réel et ce que l'on croit percevoir du monde s’ébrèche page après page. Cette rencontre entre un ours et une femme, ou plutôt ce rendez-vous organisé par le désordre du monde, amène l'écrivaine, anthropologue de profession, à faire une introspection, un retour sur soi. C'est presque une expérience chamanique, qui au-delà des mots suggère des images, des visions. Mais le besoin de mettre des mots sur ce qui a été vécu prend le dessus sur le chaos induit par la violence de ce corps à corps. Et ainsi, le texte se transforme peu à peu en une réflexion ordonnée et scientifique sur la façon d'être au monde. On entrevoit grâce à Nastassja Martin le monde dans son état brut. J.M.